{Moralites Menageres} Les petites choses …

Dernières « Moralités Ménagères » des fêtes. Encore une nouvelle année où nous, mesdames, allons préparer …ces petites choses !

 

Il y a bien du gui pour célébrer l’an neuf, mais ce ne sont plus les Druides qui le cueillent avec une faucille d’or à la lune nouvelle : les gamins des villages déchirent leur culotte pour aller le chercher sur les chênes, et même, contrairement à toute tradition, sur pommiers et poiriers. Les vertus bénéfiques de la plante sacrée sont donc fort amoindries.

A quoi nous fier, alors pour attirer le bonheur lorsque minuit sonne ? Je plains celui ou celle qui mordra une pièce d’or pour posséder beaucoup de papier monnaie : se priver d’embrasser ceux qu’on aime, préférer à leurs bonnes joues un morceau de métal, est un bien triste échange.

Il subsiste au centre de la France une superstition d’une grande sagesse, car ses suites heureuses peuvent aller loin : chacun des douze premiers jours de l’année préfigurent ses douze mois. Tel vous vivrez le 4, tel sera avril, et comme le 10, octobre. Pendant ces douze jours, nous sommes libres de mettre tous les atouts dans notre jeu, de semer à pleines mains ce que nous souhaitons récolter : semons la joie, rayonnons de pardon, d’optimisme, et recevons en son temps tout cela.

Elle semble faite pour nous autres femmes, cette coutume. N’est-ce pas nous qui écrivons les lettres de « bonne année », qui préparons les cadeaux, les fêtes de famille ? Appliquons-nous à faire joliment tout cela, et pendant 365 jours, sous l’œil de riantes divinités, l’utile, pour nous, se joindra à l’agréable. Il est une chanson un peu rabâchée dont la ritournelle m’enchante : « ces petites choses me parlent de toi »… Ces petites choses, c’est aussi bien la corvée ennuyeuse accomplie avec soin, que l’amour que l’on met dans les moindres détails : la lampe placée auprès de « son » fauteuil préféré, le café brûlant, le cendrier net, un bouquet.

Pendant les douze premiers jours de janvier, mettez donc votre désir de bien faire, votre tendresse, dans les « petites choses », cherchez de bonnes paroles pour les cartes de vœux, si banales, présentez aux repas les plats de telle sorte qu’on s’écrie : « Comme c’est joli ! » avant d’exclamer : « Que c’est bon ! « Nouez vos cadeaux d’un ruban, et pour vous, pour les vôtres, c’est par des rubans que les heures seront liées.

 

Marcelle AUCLAIR

Source : « Arts ménagers », Novembre, Décembre 1949

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